16.01.2011

Tu n’y étais pas. Non, je n’y suis jamais allé, à Hiroshima. Hiroshima je m’en fous. Hiroshima me passe sur la peau comme une humeur d’automne. Sur une plage de Shikanoshima. L’île de Shikanoshima. Sur laquelle je marche, mes pieds nus, dans le sable réchauffé de douceur pacifique. Hiroshima me semble tellement loin. Hiroshima est loin. Morte, brûlante, irradiée de stupidité, Hiroshima.

Yoko, je te savoure comme la douceur du Pacifique, comme le vent doux de l’océan. Shikanoshima, nos traces sur la plage, l’emprunte de mon corps sur ma Japonaise sablonneuse. Sage. Noire. De sable et d’air. Une Japonaise. De romans, de récits éthérés ou de plages bercées par les vents gracieux de l’océan pacifique.

Yoko me ment. C’est de là, de là-bas seul qu’elle vient. Yoko a posé ses pieds résignés dans les cendres des siens, après la bombe, la puissante, unique, bombe. Seule mépris de l’atome, un simple atome. Comme Shikanoshima, le bonheur en moins. L’insouciance et la chaleur du Pacifique, pacifique Hiroshima. Elle a piétiné des cendres d’enfants, des morceaux d’humains résignés, des restes de bonheur, livrés à l’atome. Atomisé de bonheur, atomisé par Hiroshima, atomisé par l’atome.

Yoko m’aime, à cause du souffle chaud du pacifique, à cause de nos pas marquant le sable de Shikanoshima. A cause du fait que, jamais, je ne suis allé à Hiroshima.

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