15.12.10

Tu relis mon texte et te couche. Viens, viens, prends-moi. J’observe le fond de mon verre, y descelle la misère du monde. En une fraction de seconde, comme lorsqu’on lit dans le marc de café. Je lis le marc de whisky.

 

Viens, viens, lâche ce foutu verre. Tu pues mon homme. Tu sens de manière indécente, vieux prophète usé. Accommodée à mon odeur fatiguée. Salaud de buveur, salaud d’homme. Espèce de chien de prophète.

 

Regarde-toi, enrubannée dans la couverture comme un oiseau grelottant. Les femmes tremblent, sans arrêt, sans raison. Elles tremblent à leur propre émoi. Je lis dans le marc de whisky, comme cette Turque que j’observais avec condescendance me lire le café. Tu réussiras tout ce que tu entreprendras. J’ai réussi à te posséder.

 

Petit oiseau. Laide, fraîche. Défraichi mon petit oisillon enroulé jusqu’à l’étouffement dans cette couverture à la couleur criarde. Noire. Un noir lisse, sans aspérité, criard comme la mort, gueulard comme le marc. Comme moi dans toi, dans moi, dans le whisky. Seulement pour toi. Viens, viens mon homme. Tu pues. Viens. Viens mon oisillon tu as froid. Tu crains tout sauf moi.

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